Projet Renault 5 Turbo Europa Cup – base Tamiya M08.

Il me paraissait important d’évoquer tout cet historique pour bien comprendre l’évolution du produit “M-Chassis” chez Tamiya. Ce qui m’amène à aborder enfin la génération actuelle avec le M07 mais surtout le M08, l’objet de cet article. Dans la gamme des chassis de piste Tamiya, il y a les “M-Chassis” produits pour la première fois en 1994. C’était toute une gamme dédiée aux carrosseries reproduisant des voitures anciennes et mythiques, notamment la Mini Cooper des années 60, la Fiat 600 Abarth, l’Alpine A110, la fameuse VW Coccinelle, et la Honda S800 notamment. Au départ, ces chassis à 2 roues motrices étaient conçus pour être modulable avec des éléments symétriques. Pour passer d’une traction à une propulsion, il suffisait de permuter les demi-cellules avant et arrière. La variation de l’empattement se faisait grâce à des sortes de “rallonges” venant se greffer au corps central du chassis. Les codes pour désigner ces configurations étaient assez simple pour nous renseigner sur deux types d’informations.

La transmission :
– M01 (chiffre impair) = traction.
– M02 (chiffre pair) = propulsion.

Et l’empattement :
– S : “Short” pour “Short wheelbase”, empattement court de 210 mm.
– M : “Medium” pour “Medium wheelbase”, empattement moyen de 225 mm.
– L : “Long” pour “Long wheelbase”, empattement long de 239 mm.

Tous ces détails vont avoir une importance pour la suite.


Au commencement, les M01 et M02.

Sur ces “M-Chassis” de première génération, la conception permettait des délires assez improbables du fait de cette symétrie évoquée en introduction. Puisque les demi-cellules avant et arrière étaient permutables, pourquoi ne pas envisager un “M-Chassis” à 4 roues motrices en utilisant deux moteurs ? Et pourquoi pas avec 4 roues directrices tant qu’on y était !
Le dessin ci-dessous permet de comprendre comment ce chassis a été conçu. On distingue bien les demi-cellules venant se greffer à la structure centrale par 4 vis. Comme vous l’aurez remarqué, il n’y a qu’une paire d’amortisseur au total.

Malheureusement, la conception des M01 et M02 va révéler certaines limites. La direction excelle dans le flou artistique, et l’amortissement manque d’efficacité. Ce sont justement les points clés qui définissent les qualités d’une voiture de piste. Il était temps de changer.

Les M03 et M04, les choses sérieuses peuvent commencer.

Qu’à cela ne tienne, les M03 et M04 vont corriger ces problèmes. Le servo de direction commande de façon plus directe les roues directrices, et l’amortissement a été équilibré par l’usage de 4 amortisseurs au total. Cependant, la position en hauteur du servo de direction n’est pas vraiment idéale pour le centre de gravité. Avec ce moteur RS-540 placé en position centrale avant, est-ce que les concepteurs de Tamiya avaient vraiment le choix ? Et bien pas vraiment, et je pense même que c’était la meilleure solution pour avoir une direction plus précise, et une bonne motricité avec cette disposition “tout à l’avant”. L’inconvénient va résider dans l’utilisation des carrosseries. Autant, la Mini Cooper version allégée passe très bien, autant c’est plus problématique avec d’autres modèles au profil plus bas.





L’ultime évolution, le M05 et M06.

Voilà pourquoi les M05 et M06 vont corriger ces problèmes en insérant ce servo de direction dans le chassis, une des seules innovations de cette saga. Cela permet d’utiliser des carrosseries plus basses, comme la Honda CRX. Autre particularité, le M06 possède une conception presque totalement inédite du M05, on abandonne alors l’idée de permutation des éléments porteurs, comme le chassis lui-même, et les carters de transmission notamment. Il faut noter une constance dans la réutilisation de certains éléments, comme les pignons de la transmission, et les bras supérieurs de suspension pour des raisons évidentes d’économies sur l’outillage de production. Seulement voilà, Tamiya a préféré une qualité de plastique assez médiocre. Les surfaces sont brillantes, mais c’est surtout sa fragilité qui le caractérise.

Détail agaçant sur le M06, l’implantation du moteur en porte-à-faux arrière, limitant l’usage des carrosseries. Celle de l’Alpine A110 est parfaite, car comme sur la vraie voiture, le moteur est placé dans la même position. Pareil pour la Cox de VW. Par contre, oubliez la Renault 5 Turbo 1, sa forme très compacte oblige Tamiya à choisir le M05 (traction avant pour rappel), alors que la vraie voiture est une propulsion à moteur central. Il en sera de même pour la toute dernière Mazda MX5 Miata ND. Cependant, pour avoir essayé une M06 en configuration “Rally” avec juste des pneus tout-terrain à crampons, j’ai été surpris par son comportement assez stable et joueur. Sans doute le seul chassis intéressant avec le M03 en traction avant. Ceci n’est qu’un avis personnel.



Tamiya M07 et M08, enfin du nouveau !

Au travers des générations précédentes, on retrouve des éléments communs malgré tout, mais avouent très vite leurs limites, je pense notamment aux bras de suspension supérieurs. Ils sont trop courts, empêchant ainsi de monter des biellettes à pas inversés pour régler le carrossage.
Autre problème, la qualité du plastique sur la génération précédente, trop fragile et peu valorisante.